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[Xbox-mag.net] Test > The Dark Pictures Anthology : Man of Medan

Guillaume Bereni 13 Septembre 2019

  1. Pour introduire ce premier pas dans l’épopée The Dark Pictures Anthology, les développeurs ont choisi comme cadre la légende du navire fantôme « Ourang Medan ». Ourang comme « homme » en indonésien ; Medan comme la ville sur l’ile de Sumatra, proche du lieu de la disparition supposée du navire : voilà comment on obtient le titre de Man of Medan. Selon la légende, ce navire aurait connu à la fin de la Seconde Guerre Mondiale un destin tragique, voyant l’ensemble de son équipage décimé, sans aucune blessure mais avec sur chacun des visages une terrible expression d’effroi. Mais qu’est-ce qui a bien pu causer un tel drame, si tant est qu’il ait eu lieu ? Au moment d’embarquer sur le Duke of Milan pour une escapade en mer synonyme de plongée en eaux profondes, le petit groupe d’amis que l’on s’apprête à suivre est à mille lieux de se questionner sur les légendes locales. L’ambiance est plutôt à la détente. Nous sommes en Polynésie Française et la jeune capitaine Fliss accueille sur son navire Brad, son frère Alex accompagné de sa fiancée Julia et de Conrad, frère de celle-ci. Le quatuor de jeunes gens et leur capitaine du jour constituent l’archétype taillé pour ce gens d’histoires. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont riches : des vraies têtes de vainqueurs pour tout bon nanar d’horreur. Et puis des profils idéals pour se créer suffisamment de problèmes qui vont les conduire d’écueils en dangers, jusqu’à se retrouver à l’intérieur de l’Ourang Medan.

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    On en restera là pour l’histoire et nous éviterons de céder à la tentation du spoiler qui faciliterait l’explication du pourquoi ce film interactif d’environ 4 heures (un poil plus en fouillant tout à la recherche des nombreux documents) souffle le chaud et le froid. Nous nous en tiendrons au fait que dans les grandes lignes, on peut séparer l’aventure en deux grandes parties, celle qui se situe avant la montée à bord de l’Ourang Medan et celle qui se déroule le long des couloirs de cet immense bâtiment. Si la première est beaucoup moins passionnante que la seconde, elle permet néanmoins de cerner les personnages et d’en découvrir les traits caractéristiques. Téméraire, timide, courageux, superstitieux ou tout bonnement inconscient, chacun est conduit par une vision des choses qui lui est propre. On alterne tout au long du jeu avec chacun des cinq personnages et on se rend compte rapidement de plusieurs choses qui vont perdurer et qui s’appliquent invariablement à chaque héros. La première, c’est qu’aucun ne sort du lot. Pas même Conrad, campé par un Shawn Ashmore que l’on a connu plus inspiré et convaincant, notamment dans Quantum Break. Ici, le comédien aurait pu être remplacé par n’importe quel acteur de dernière base tant il y a peu à en tirer sans même prendre la peine de gratter. La caricature est un peu trop poussée et n’est surtout pas aidée par une écriture étonnamment paresseuse, tous personnages confondus. On n’est pas dans le discours volontairement « con con » de la série Z lambda, mais vraiment dans quelque chose qui semble avoir été griffonné lors d’une pause café.

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    On peine à s’attacher aux personnages, ce qui est assez problématique dans un jeu comme Man of Medan où l’intérêt principal est de parvenir à tous les garder en vie. Mais heureusement, l’ambiance fonctionne assez bien, notamment dans la seconde partie du jeu, nous poussant à avancer pour connaitre les origines du mal qui ronge chaque pièce de métal du navire. Pourtant, on peste régulièrement sur la façon dont le jeu essaye de se saborder ! Longueurs, dialogues sans intérêt, scènes complètement absurdes et défiant la cohérence jusque dans ses derniers retranchements : Man of Medan y va franco, poussant l’envie de facepalm à son paroxysme quand un personnage découvre par hasard, de façon totalement secondaire (on peut passer à côté), un papier qui explique en trois lignes l’intégralité du problème… Et semble s’en ficher royalement, pour se fendre 30 minutes plus tard d’un « au fait, je crois que je sais ». A ce stade, le sketch du Jean-Marie Bigard sur les films d’horreur passe pour une ébauche scientifique sur les aberrations du genre. On peut néanmoins mettre au crédit de Man of Medan sa capacité à tenir fermement les ficelles de son intrigue jusque très tard dans l’aventure, parvenant même à créer du doute dans les derniers instants.

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    Tout n’est pas gris sur le ciel du Pacifique. Alors oui, il est particulièrement pénible durant les nombreuses phases d’exploration des lieux (à la troisième personne) de contrôler un 38 tonnes, de peiner à déclencher une interaction parce qu’il faut se placer comme-ci et pas comme-ça. Mais le recours aux caméras fixes à la Resident Evil fonctionne bien, pour des points de vue intéressants et particulièrement efficaces lorsqu’il s’agit de faire surgir quelque chose qui ne devrait pas être là, au dernier moment. Les apparitions impromptues, c’est le dada de Medan. Les très nombreuses cinématiques se fondent très bien à la suite des phases d’exploration, s’adaptent correctement à la perte éventuelle d’un ou plusieurs membres de l’équipe ; ce sont aussi des moments qui regorgent de jump scares. Si vous êtes sensible, mieux vaut éviter de jouer à Man of Medan parce que pour le coup, vous allez sursauter régulièrement, du début à la fin du jeu. Man of Medan a alors en dépit d’une histoire mal racontée une étonnante capacité à maintenir vive l’attention du joueur. On sait que quelque chose peut surgir à tout moment (et ne se prive pas pour le faire), tout comme il est vrai que rien ne vient vous prévenir qu’un QTE arrive.

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    Si bien des jeux indiquent au joueur par leur mise en scène ou par un changement d’angle de caméra précis qu’un QTE va bientôt se déclencher, ce n’est pas le cas ici. Un choix en temps limité ou une touche sur laquelle il faut appuyer (très vite) peuvent apparaître d’un coup, ce qui force à vraiment rester concentré en permanence. Tout cela vous portera vers différentes fins, dépendant notamment des relations entre les personnages (conditionnées par l’effet des choix) et surtout de la capacité de ceux-ci à rester vivants. On regrette du coup que le QTE, qui ont dans notre cas occasionné des résultats parfois incompréhensibles, aient un impact qui fait le grand écart : on peut en manquer trois et rester en vie, ou foirer une fichue action et voir l’un de ses personnages prendre le chemin des enfers. Une fois le jeu terminé, il est toujours possible de revenir vers un chapitre terminé pour modifier le cours de l’histoire, sauver quelques têtes et ainsi observer comme évolue alors la trajectoire scénaristique. C’est peut-être aussi l’occasion de tenter l’expérience à plusieurs, chacun endossant le rôle d’un personnage en local (jusqu’à 5). En ligne, on peut partager l’histoire avec un autre joueur, les actions de l’un influençant le déroulement des choses pour l’autre. Ce n’est pas l’argument premier du jeu, mais ça a le mérite d’être proposé. On terminera cette navigation sur les eaux de Man of Medan en évoquant la partie technique. Le jeu de Supermassive Games, passe par différents états graphiques, faisant se succéder des lieux très réussis avec d’autres beaucoup plus quelconques. Agréable dans l’ensemble, Man of Medan pèche cependant par une modélisation de ses personnages certes réussie pour la partie corporelle mais beaucoup moins pour les visages. Les pauvres ont le regard vide, peu expressif. Ils ne font décidément rien pour qu’on les aime.

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